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CORNEILLE (Belgique, Liège 1922 - Auvers-sur-Oise 2010)
DANGELO Sergio (Italie, Milan 1932 - Milan 2022)
GÖTZ Karl Otto (Allemagne, Aachen 1914 - Wolfenacker 2017)
HANTAÏ Simon (Hongrie, Bia 1922 - Paris 2008)
IKEDA Tatsuo (Japon, Saga 1928 - Tokyo 2020)
JAGUER Édouard (France, Paris 1924-2006)
KANTOR Tadeusz (Pologne, 1915 - Cracovie 1990)
LLINÁS Julio (Argentine, Buenos Aires 1929-2018) |
NOUGÉ Paul (Belgique, Bruxelles 1895 - Région bruxelloise 1967)
PARENT Mimi (Canada, Montréal 1924 - Villars-sur-Ollon 2005)
PEDERSEN Carl-Henning (Danemark, Copenhague 1913-2007)
REIGL Judit (Hongrie, Kapuvár 1923 - Marcoussis 2020)
SNAITH Stanley (Royaume-Uni, Kendal 1903 - Londres 1976)
TÉLÉMAQUE Hervé (Haïti, Port-au-Prince 1937 - Ivry-sur-Seine 2022)
VAN DE LOO Otto (Allemagne, Essen 1924 - Munich 2015)
etc...
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[COLLECTIF].
Collection Phases.
Paris, Phases, 1954-1975. |

[COLLECTIF].
Gruppo Phases.
Milano, Galleria Schwarz, 1961. |

[COLLECTIF].
L'Arbre et l'Arme.
Amsterdam, Cahiers Phases, 1953. |
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Le mouvement PHASES naît officiellement en 1954 à Paris sous l'impulsion d'Édouard Jaguer, qui lance la revue éponyme pour prolonger l'esprit de révolte de revues éphémères précédentes comme Révolution la Nuit (1946) ou Les Deux Sœurs. Conçu immédiatement comme un réseau international plutôt que comme une école rigide, le mouvement se positionne à la croisée du surréalisme (dont Jaguer s'éloigne temporairement par refus du dogmatisme d'André Breton) et de l'abstraction lyrique. Dès sa fondation, l'objectif est de créer un espace de convergence pour les avant-gardes poétiques et plastiques mondiales, en revendiquant une liberté totale face à l'académisme et au marché de l'art de l'après-guerre.
L'essor du mouvement se matérialise par une incroyable dynamique éditoriale et une série d'expositions majeures à travers l'Europe et les Amériques tout au long des années 1950 et 1960. La première grande confrontation publique a lieu dès 1955 à la Galerie Kléber à Paris, suivie par des jalons historiques à l'étranger, notamment l'exposition itinérante en Pologne en 1959 ou celle de Buenos Aires au début des années 1960, qui scelle des liens profonds avec le groupe argentin Boa. Grâce à ces ramifications internationales, la revue Phases publie des numéros d'une grande richesse typographique et visuelle, mêlant textes théoriques, poésie automatique et reproductions d'œuvres, devenant le principal organe de liaison entre des foyers artistiques autrefois isolés.
Sur le plan esthétique et théorique, le mouvement refuse la frontière étanche entre l'art abstrait et l'art figuratif, préférant explorer le concept d'image analogique et de "morphologie magique". Édouard Jaguer défend des techniques fondées sur l'automatisme, le hasard et l'expérimentation texturale, accueillant au sein du mouvement des créateurs qui utilisent le frottage, le collage, le dripping ou la décalcomanie. PHASES devient ainsi une plateforme d'accueil pour de nombreux artistes majeurs issus de CoBrA (comme ALECHINSKY ou CORNEILLE), du Spatialisme italien ou de la mouvance informelle, tous unis par la volonté de révéler le pouvoir poétique et l'onirisme cachés au cœur de la matière picturale.
La longévité de PHASES est exceptionnelle pour un mouvement d'avant-garde, ses activités collectives et ses publications s'étant poursuivies activement jusqu'au début des années 2000, année de la disparition d'Édouard Jaguer. Au fil des décennies, le mouvement a opéré un rapprochement durable avec le groupe surréaliste officiel à partir de 1959, tout en conservant son autonomie et son rôle de découvreur de talents. Aujourd'hui, l'histoire de PHASES est reconnue pour avoir préservé la flamme de l'expérimentation poétique internationale, reliant des artistes de toutes les nationalités autour d'un idéal commun de liberté créatrice absolue.
Quelques expositions historiques les plus significatives qui ont jalonné et structuré le parcours international du mouvement :
- « Phases » (1955 – Galerie Kléber, Paris)
Il s'agit de la toute première exposition collective officielle du mouvement en France, organisée juste après le lancement de la revue. Édouard Jaguer y pose les bases visuelles du réseau naissant, réunissant des œuvres qui fusionnent l'esprit surréaliste et les recherches de l'abstraction lyrique.
- « Phasen » (1957 – Galerie van de Loo, Munich)
Cette étape marque le déploiement de Phases en Allemagne. Elle permet de nouer des liens étroits avec les artistes d'avant-garde d'outre-Rhin, notamment les membres du groupe Spur, et d'affirmer la dimension européenne et transfrontalière du mouvement.
- « Phases – Confrontation internationale » (1959 – Musée national, Poznan / Lódz, Pologne)
Un jalon historique majeur et politique. En pleine guerre froide, Jaguer réussit à organiser une exposition officielle en Pologne, créant un pont culturel unique entre les artistes occidentaux et l'avant-garde polonaise (autour de figures comme Kantor). L'impact sur la scène artistique locale est immense.
- « Phases – Exposition internationale » (1960 – Galerie Van Lier, Amsterdam)
Organisée aux Pays-Bas, cette exposition s'inscrit dans la continuité directe des réseaux tissés à l'époque de CoBrA. Elle confirme l'ancrage de Phases dans les pays du Nord et sa capacité à fédérer des créateurs partisans d'une peinture spontanée et matiériste.
- « Phases – Première exposition fleuve » (1963 – Museo de Artes Plásticas, Buenos Aires, Argentine)
Cette exposition scelle l'alliance définitive entre le pôle parisien de PHASES et le groupe argentin Boa, dirigé par Julio Llinás. Elle marque l'apogée de l'extension du mouvement sur le continent sud-américain, où l'automatisme poétique trouve un écho vibrant.
- « Phases » (1972 – Musée des Beaux-Arts, Mons, Belgique)
Une grande rétrospective qui dresse le bilan de près de deux décennies d'activités, de publications et de complicités artistiques, notamment avec le surréalisme beige, réaffirmant la longévité et la cohérence théorique du mouvement d'Édouard Jaguer.
- « Phases » (1974 – Musée d'Ixelles, Bruxelles, Belgique)
Une immense confrontation collective qui est venue sceller les liens indéfectibles entre le pôle français de PHASES et la Belgique (terreau historique qui avait déjà accueilli l'esprit de CoBrA et du surréalisme).
- « 1ª exposição Phases em Portugal » (1977-1978 – Estoril, Porto, Coimbra, Portugal)
Après la chute de la dictature au Portugal (Révolution des Œillets en 1974), le mouvement PHASES y réalise une grande tournée itinérante pour connecter les artistes de la libération culturelle portugaise avec le surréalisme international. L'accueil se prolongera à la Société Nationale des Beaux-Arts de Lisbonne en 1979 et 1985.
- « Phases » (1978 – Musée Carrillo Gil, Mexico, Mexique)
Un déploiement d'envergure sur le continent américain, où le mouvement expose ses concepts d'automatisme et de morphologie magique auprès des cercles artistiques mexicains.
- « Métamorphases » (1991 – Galerie 13, Hanovre, Allemagne)
Une grande exposition thématique allemande célébrant la permanence des techniques expérimentales (collages, métamorphoses de la matière) défendues par le mouvement.
- « Phases, de 1952 à l'horizon 2001 » (2000 – Centre culturel Le Kiosque, Mayenne et Centre culturel Noroît, Arras, France)
L'une des toutes dernières grandes manifestations d'envergure du vivant d'Édouard Jaguer. Conçue comme un bilan rétrospectif et prospectif au tournant du millénaire, elle a retracé presque 50 ans d'insoumission artistique.