ART CONCEPTUEL. Librairie tobeArt.
Librairie d'art tobeArt - logo Librairie d'art tobeArt - livres d'art rares
librairie | galerie | artistes | thèmes | fr | en


  thèmes   :  ART CONCEPTUEL


  • ACCONCI Vito (États-Unis, New York 1940-2017)
  • ART & LANGUAGE (Collectif britanniques, fondé en 1968)
  • BALDESSARI John (États-Unis, 1931 - Los Angeles 2020)
  • BARRY Robert (États-Unis, New York 1936)
  • BEUYS Joseph (Allemagne, Krefeld 1921 - Düsseldorf 1986)
  • BROODTHAERS Marcel (Belgique, 1924 - Allemagne, 1976)
  • BUREN Daniel (France, Boulogne-Billancourt 1938)
  • DARBOVEN Hanne (Allemagne, Munich 1941 - Hambourg 2009)
  • DIBBETS Jan (Pays-Bas, Weert 1941)
  • HAACKE Hans (Allemagne, Cologne 1936)

  • HUEBLER Douglas (États-Unis, Ann Arbor 1924 - Cape Cod 1997)
  • KAWARA On (Japon, 1932 - États-Unis, 2014)
  • KOSUTH Joseph (États-Unis, Toledo 1945)
  • LEWITT Sol (États-Unis, Hartford 1928 - New York 2007)
  • MORRIS Robert (États-Unis, 1931 - Kingston 2018)
  • ONO Yoko (Japon, Tokyo 1933)
  • RUSCHA Edward (Ed) (États-Unis, Omaha 1937)
  • VENET Bernar (France, Château-Arnoux-Saint-Auban 1941)
  • WEINER Lawrence (États-Unis, New York 1942 - 2021)
  • etc...
  •  


    [ART CONCEPTUEL].

    Conceptual Art.


    Londres, Phaidon Press, 2002.


    [ART CONCEPTUEL].

    L'art Conceptuel, Une Perspective.


    Paris, Musée d'art moderne, 1989.


    [ART CONCEPTUEL].

    Conceptual Art.


    New York, E.P. Dutton, 1972.


    [COLLECTIF] - Germano Celant.

    Conceptual art - Arte povera - Land art.


    Torino, Galleria Civica, 1970.
     

      Un peu d'histoire...

    L'ART CONCEPTUEL est un mouvement d'avant-garde majeur apparu au milieu des années 1960 qui bouleverse radicalement les critères esthétiques traditionnels. Sa caractéristique fondamentale est de privilégier l'idée, le concept ou le processus de l'œuvre plutôt que sa réalisation matérielle ou sa forme finale. En affirmant que l'objet d'art n'est plus une finalité en soi, des artistes comme Sol LEWITT redéfinissent la création : le projet théorique ou le protocole écrit devienne l'œuvre véritable, tandis que l'exécution matérielle est reléguée au second plan.

    Cette dématerialisation de l'art pousse les créateurs à adopter de nouveaux médiums, au premier rang desquels le langage et le texte. Des artistes comme Lawrence WEINER ou le collectif ART & LANGUAGE remplacent les tableaux par des énoncés textuels ou des propositions logiques. Joseph KOSUTH, à travers ses célèbres installations combinant objets réels, photographies et définitions de dictionnaires, engage une réflexion tautologique où l'art n'est plus une représentation du monde, mais une analyse de son propre langage et de sa propre définition.

    Le temps, la mesure et l'archivage du quotidien deviennent également des axes d'exploration majeurs pour ce mouvement. On KAWARA consacre ainsi une grande partie de sa vie à peindre méticuleusement la date du jour sur des toiles monochromes, archivant ainsi le passage du temps de manière presque rituelle. Dans un esprit similaire, Hanne DARBOVEN traduit l'histoire et les structures temporelles à travers des suites de calculs numériques et de calendriers, tandis que Vito ACCONCI ou Yoko ONO utilisent des listes d'instructions strictes pour impliquer le corps ou le spectateur dans un espace-temps défini.

    Le mouvement se structure et se diffuse très rapidement à l'échelle internationale grâce à des expositions manifestes et des commissaires visionnaires. L'exposition organisée par Seth Siegelaub à New York en 1969, où le catalogue textuel constitue l'œuvre principale, ou la mythique exposition de Harald Szeemann à Berne la même année réunissant Robert MORRIS et Jan DIBBETS, officialisent cette transition. En déplaçant l'art du domaine de la stricte perception visuelle vers celui de l'intellect, l'ART CONCEPTUEL a ouvert la voie à la quasi-totalité des pratiques artistiques contemporaines.

    *********************


    Voici une sélection des expositions thématiques et rétrospectives majeures qui, des années 1960 à nos jours, ont documenté, réévalué et célébré l'impact continu de l'Art Conceptuel :

    - « Primary Structures » (Avril – Mai 1966, Jewish Museum, New York)
    Bien que souvent rattachée à la naissance du Minimalisme, cette exposition est le premier jalon indispensable vers l'Art Conceptuel. En réunissant des structures géométriques et épurées d'artistes comme Sol LEWITT ou Robert MORRIS, elle déplace radicalement l’intérêt du public : l’œuvre n’est plus jugée pour le savoir-faire de la main de l'artiste, mais pour le système logique et l'idée qui ont présidé à sa fabrication. Elle ouvre grand la voie à la dématérialisation de l'objet d'art.

    - « Non-Anthropomorphic Art » (Juin 1967, Galerie L'Attico, Rome)
    Cette exposition marque l'émergence immédiate et internationale de la réflexion conceptuelle en Europe. Elle met en scène le refus de la figure humaine et de l'expressionnisme traditionnel. Des artistes comme Joseph KOSUTH y affirment une volonté de rompre avec l'illusionnisme pictural pour aller vers des propositions purement intellectuelles, où l'art devient une enquête sur sa propre nature et son propre langage.

    - « January 5-31, 1969 » (Janvier 1969, New York)
    Organisée par le mythique commissaire d'exposition Seth Siegelaub, cet événement est considéré comme l'acte de naissance officiel du mouvement sous sa forme la plus radicale. L'exposition n'avait pas de lieu physique fixe et se résumait presque entièrement à son catalogue imprimé. Les œuvres de Robert BARRY, Joseph KOSUTH ou Lawrence WEINER y existaient sous forme d'énoncés textuels, prouvant que l'idée et l'information imprimée suffisaient à faire œuvre, sans besoin de support matériel.

    - « Quand les attitudes deviennent forme » (Mars – Avril 1969, Kunsthalle de Berne, Suisse)
    Orchestrée par Harald Szeemann, cette exposition historique (intitulée exactement Live in Your Head: When Attitudes Become Form) est la première grande confrontation internationale des avant-gardes. Elle réunit l'Art Conceptuel américain et européen, le Minimalisme et l'Art Povera. En invitant des artistes comme Hanne DARBOVEN, Jan DIBBETS, Sol LEWITT ou Lawrence WEINER à investir le musée non pas pour y accrocher des œuvres finies mais pour y matérialiser des processus mentaux, Szeemann sacralise l'attitude et le concept comme les formes artistiques suprêmes de l'époque.

    - « Information » (Juillet – Septembre 1970, Museum of Modern Art, New York)
    Organisée par Kynaston McShine, cette exposition internationale fige l'Art Conceptuel au moment précis où il devient un phénomène mondial. Elle rassemble des artistes comme Vito ACCONCI, John BALDESSARI, Hans HAACKE ou Yoko ONO. Le MoMA se transforme alors en un centre de communication où les œuvres prennent la forme de télégrammes, de documents photocopiés, de sondages ou de bandes magnétiques, officialisant l'utilisation des technologies de l'information comme médium artistique.

    - « L'art conceptuel, une perspective » (Novembre 1989 – Février 1990, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris)
    Cette exposition historique, conçue par Claude Gintz, constitue la première grande tentative institutionnelle européenne de dresser un bilan critique et historique de la première vague du mouvement (1965-1975). Elle permet de confronter à nouveau les travaux fondateurs d'ART & LANGUAGE, Robert BARRY, Joseph KOSUTH, Sol LEWITT et Lawrence WEINER, ancrant définitivement l'Art Conceptuel dans l'histoire officielle de l'art du XXe siècle.

    - « Global Conceptualism: Points of Origin, 1950s–1980s » (Avril – Août 1999, Queens Museum, New York)
    Cette exposition itinérante fondamentale révolutionne l'approche du mouvement en démontrant que l'Art Conceptuel n'était pas seulement une invention américano-européenne. En élargissant la recherche géographique (Amérique latine, Europe de l'Est, Asie, Afrique), elle prouve que des artistes du monde entier, comme On KAWARA au Japon ou des collectifs engagés sous des dictatures, ont utilisé la dématérialisation et le langage de manière indépendante comme un outil de résistance politique et de liberté d'expression.

    - « Less Visual, More Conceptual » (2012, Museu d'Art Contemporani de Barcelona, Espagne)
    Centrée sur la collection permanente du MACBA, cette exposition met en lumière la persistance et la réactivation des stratégies conceptuelles chez les artistes contemporains. Elle explore comment les protocoles textuels, la critique des institutions et l'utilisation du document initiés par la première génération continuent d'irriguer la création actuelle, notamment à travers des enjeux liés à la mondialisation et à la numérisation des données.

    - « Conceptual Art in Britain 1964–1979 » (Avril – Août 2016, Tate Britain, Londres)
    Cette grande rétrospective nationale interroge la spécificité britannique du mouvement durant une période de profonds bouleversements politiques et économiques. En plaçant le collectif ART & LANGUAGE au centre du parcours, l'exposition montre comment ces artistes ont utilisé le langage et l'analyse critique pour attaquer le marché de l'art traditionnel et redéfinir le rôle social de l'artiste dans la société moderne.

     

    informations | achats | contact

    © 2025-2030 Frédéric Dorbes - Librairie d'art tobeArt
    Conditions générales de vente