thèmes : FIGURATION NARRATIVE |
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Valerio ADAMI (Italie, Bologne 1935)
Eduardo ARROYO (Espagne, Madrid 1937-2018)
René BERTHOLO (Portugal, Alhandra 1935-2005)
ERRÓ (Gudmundur Gudmunson : Islande, Ólafsvík 1932)
Gérard FROMANGER (France, Pontchartrain 1939 - Paris 2021)
Peter KLASEN (Allemagne, Lübeck 1935 - Vit et travaille en France depuis 1959)
Jacques MONORY (France, Paris 1924-2018)
Bernard RANCILLAC (France, Paris 1931 - Malakoff 2021)
Hervé TÉLÉMAQUE (Haïti, Port-au-Prince 1937 - Vit et travaille à Paris depuis 1961)
Vladimir VELICKOVIC (Yougoslavie, Belgrade 1935 - Croatie, Split 2019)
Jan VOSS (Allemagne, Hambourg 1936 - Vit et travaille à Paris)
etc...
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[FIGURATION NARRATIVE].
La Figuration Narrative.
Paris, Cornette de Saint Cyr, 2015. |

[COLLECTIF].
La Figuration Narrative.
Paris, Editions Hazan, 2008. |

[FIGURATION].
La nouvelle figuration.
Paris, Editions Cercle d'Art, 2003. |

[COLLECTIF].
La Figuration Narrative.
Paris, Galerie Raymond Dreyfus, 1990. |
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Apparue en France au début des années 1960, la FIGURATION NARRATIVE naît en réaction à l'hégémonie de l'abstraction et au constat de l'émergence du Pop Art américain. Ce mouvement ne se définit pas par un style unique, mais par une volonté commune de réintroduire la réalité quotidienne, sociale et politique dans la peinture. Contrairement aux artistes américains qui isolent l'objet de consommation, les peintres de la FIGURATION NARRATIVE utilisent l'image pour raconter une histoire, dénoncer des injustices ou analyser les mécanismes du pouvoir, s'appuyant souvent sur des images préexistantes issues de la photographie ou du cinéma.
Le texte fondateur du mouvement est lié à l'exposition collective « Mythologies quotidiennes », organisée en 1964 au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris par le critique Gérald Gassiot-Talabot et les artistes Bernard RANCILLAC et Hervé TÉLÉMAQUE. Cette manifestation réunit des figures majeures telles que Valerio ADAMI, Eduardo ARROYO, Jacques MONORY et ERRÓ. Ensemble, ils détournent les codes de la bande dessinée, de la publicité et du roman noir pour créer des compositions fragmentées, jouant sur le montage et la temporalité pour interpeller le spectateur sur son environnement visuel saturé.
Le mouvement s'inscrit dans une démarche profondément politique, particulièrement lors des événements de Mai 68, où les artistes s'investissent dans l'Atelier Populaire des Beaux-Arts pour produire des affiches militantes. En 1977, l'exposition « Mythologies quotidiennes 2 » tente de faire le bilan de cette décennie de contestation par l'image. Les œuvres de cette période se caractérisent par des aplats de couleurs vives, des cernés noirs et une mise en scène souvent cinématographique, explorant des thèmes allant de la guerre du Vietnam à la critique de la société de consommation.
La reconnaissance historique de la FIGURATION NARRATIVE s'est consolidée avec le temps, culminant lors d'une grande rétrospective aux Galeries nationales du Grand Palais en 2008. Cette exposition a permis de réévaluer l'importance du mouvement comme un pont essentiel entre l'art classique et les cultures visuelles contemporaines. Aujourd'hui, les œuvres de MONORY ou de RANCILLAC sont considérées comme des témoignages cruciaux de la vitalité intellectuelle de la scène parisienne des années 1960 et 1970, offrant une alternative critique et engagée à l'esthétique purement commerciale du Pop Art.
Plusieurs expositions collectives ont joué un rôle de manifeste ou de consécration dont voici celles qui ont marqué l'évolution du mouvement :
- « Mythologies quotidiennes » (Juillet 1964 – Musée d’Art moderne de la Ville de Paris)
C’est l’exposition fondatrice et le véritable manifeste du mouvement. Organisée par le critique d’art Gérald Gassiot-Talabot et les artistes Bernard RANCILLAC et Hervé TÉLÉMAQUE, elle réunit 34 artistes (dont Eduardo ARROYO, ERRÓ, Jacques MONORY, Peter KLASEN). Elle met en avant des œuvres qui s’inspirent de la société de consommation, de la bande dessinée, de la publicité et du cinéma, installant la narration et le politique au cœur de la nouvelle peinture figurative.
- « La Figuration Narrative dans l’art contemporain » (1965 – Galerie Creuze, Paris)
C’est au cours de cette exposition, également orchestrée par Gérald Gassiot-Talabot, que l’expression « FIGURATION NARRATIVE » est officiellement employée pour la première fois pour nommer et regrouper ces artistes. L’événement formalise les codes théoriques du mouvement : l'utilisation du temps, du découpage séquentiel (proche de la BD) et du détournement des images médiatiques.
- « Le Monde en question » (1967 – Musée d’Art moderne de la Ville de Paris)
Cette exposition marque le virage de plus en plus politique et contestataire du mouvement, à l’approche des événements de Mai 68. Les artistes y abordent de front les sujets brûlants de l'époque : la guerre du Vietnam, la guerre froide, la manipulation des masses par les médias et la critique du capitalisme. La peinture y devient une arme d'engagement social.
- « Les Mythologies quotidiennes 2 » (1977 – Musée d’Art moderne de la Ville de Paris)
Treize ans après l'exposition originelle, cette suite dresse un bilan du mouvement. Elle permet de mesurer l'évolution esthétique des artistes historiques et d'intégrer une nouvelle génération de peintres qui continuent de questionner l'image, le politique et la narration visuelle, prouvant que le mouvement s'est installé durablement dans le paysage artistique français.
- « Figuration narrative. Paris, 1960-1972 » (2008 – Galeries nationales du Grand Palais, Paris)
C'est la grande rétrospective de consécration institutionnelle. Coproduite avec le Centre Pompidou, cette exposition historique a permis de redécouvrir l’ampleur du mouvement, sa richesse visuelle, et de repositionner la FIGURATION NARRATIVE comme l'une des avant-gardes européennes majeures de la seconde moitié du XXe siècle face à l'hégémonie de l'art américain.