Shafic ABBOUD (Liban, Bikfaya 1926 - France, Paris 2004)
Paul AÏZPIRI (France, Paris 1919-2016)
Jean BAZAINE (France, Paris 1904 - Clamart 2001)
André BEAUDIN (France, Mennecy 1895 - Paris 1979)
Anna-Eva BERGMAN (Norvège, Oslo 1909 - France, Grasse 1987)
Jean BERTHOLLE (France, Dijon 1909 - Paris 1996)
Huguette Arthur BERTRAND (France, Écouen 1920 - Paris 2005)
Roger BISSIÈRE (France, Villeréal 1886 - Boissierette 1964)
Bernard BUFFET (France, Paris 1928 - Tourtour 1999)
Roger CHASTEL (France, Paris 1897 - St-Germain-en-Laye 1981)
Jean COUY (France, Toulouse 1910 - Paris 1983)
|
Georges DAYEZ (France, Paris 1907-1991)
Olivier DEBRÉ (France, Paris 1920-1999)
Pierre DMITRIENKO (France, Paris 1925-1974)
Roland DUBUC (France, Elbeuf 1924-1998)
Maurice ESTÈVE (France, Culan 1904-2001)
Pierre FICHET (France, Paris 1927-2007)
Roger-Edgar GILLET (France, Paris 1924 - Saint-Suliac 2004)
Robert HELMAN (Roumanie, Galati 1910 - Paris 1990)
André MARCHAND (France, Aix-en-Provence 1907 - Arles 1997)
Serge POLIAKOFF (Russie, Moscou 1900 - 1969)
etc ...
|
La Nouvelle École de Paris désigne une formidable effervescence artistique qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et jusqu'au milieu des années 1970, a redonné à la capitale française son statut de carrefour culturel mondial. Contrairement à l'école historique du début du siècle qui réunissait des artistes étrangers figuratifs, cette "nouvelle" génération se caractérise par une exploration radicale de l'abstraction, qu'elle soit lyrique, géométrique ou informelle. Portés par le désir de reconstruire un monde en ruines à travers un langage visuel inédit, des peintres et sculpteurs d'origines diverses ont convergé vers les quartiers de Saint-Germain-des-Prés et de Montparnasse. Ce mouvement informel a été jalonné par des figures majeures telles que Jean BAZAINE, Alfred MANESSIER, Maurice ESTÈVE, Serge POLIAKOFF, Maria Helena VIEIRA da SILVA ou encore Pierre SOULAGES, qui ont tous contribué à redéfinir la modernité picturale.
Au cœur de la démarche de cette Nouvelle École de Paris se trouve un débat esthétique intense entre deux visions de l'abstraction, souvent unifiées lors d'expositions collectives fondatrices. D'un côté, l'abstraction géométrique rigoureuse prônée par des artistes comme Victor VASARELY s'opposait à l'abstraction lyrique ou "paysagisme abstrait" de Jean FAUTRIER, Georges MATHIEU ou Hans HARTUNG, qui privilégiaient l'émotion pure, le geste spontané et la matière. Cette effervescence s'est matérialisée lors d'événements clés, notamment les premières éditions du Salon des Réalités Nouvelles créé dès 1946, ou la célèbre exposition « Véhémences confrontées » organisée en 1951 par le critique Michel Tapié à la galerie Nina Dausset, qui ont imposé l'art informel face à la scène artistique américaine émergente.
Le collectif et ses réseaux de galeries ont également joué un rôle déterminant dans la diffusion et la consécration de ces artistes, transformant Paris en un laboratoire d'expositions mémorables. Les salons annuels, comme le Salon de Mai fondé en 1945, ainsi que l'action de galeristes visionnaires tels que Denise René, Jeanne Bucher ou Louis Carré, sont devenus les épicentres de cette avant-garde. C'est dans ce contexte que des artistes aux trajectoires singulières comme ZAO Wou-Ki, Nicolas de STAËL ou Bram van VELDE ont pu confronter leurs recherches sur la lumière, l'espace et la couleur, prouvant que Paris restait le lieu de passage obligé pour l'expérimentation visuelle internationale.
Aujourd'hui, la période 1954-1975 de la Nouvelle École de Paris est reconnue comme le chant du cygne de la suprématie artistique parisienne avant le déplacement du marché de l'art vers New York. Cette période charnière et l'apogée de l'abstraction ont fait l'objet de grandes relectures historiques, à l'image de l'exposition phare « L'Envolée lyrique, Paris 1945-1956 » au Musée du Luxembourg en 2006, ou des grandes rétrospectives monographiques dédiées à ses maîtres au Centre Pompidou. En associant la liberté du geste à une profonde exigence spirituelle et poétique, cette génération d'artistes a laissé un héritage durable qui témoigne d'une foi inébranlable dans le pouvoir de la peinture à transcender le réel et qui continue de fasciner les collectionneurs du monde entier.