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  thèmes / themes   :  FLUXUS


  • BEN Vautier (Italie, Naples 1935 - France, Nice 2024)
  • Joseph BEUYS (Allemagne, Krefeld 1921 – Düsseldorf 1986)
  • George BRECHT (États-Unis, New York 1926 - Allemagne, Cologne 2008)
  • Robert FILLIOU (France, Sauve 1926 - Les Eyzies-de-Tayac 1987)
  • Al HANSEN (États-Unis, New York 1927 - Allemagne, Cologne 1995)
  • Dick HIGGINS (Royaume-Uni, Cambridge 1938 - États-Unis, Milford 1998)
  • George MACIUNAS (Lituanie, Kaunas 1931 - États-Unis, Boston 1978)
  • Yoko ONO (Japon, Tokyo 1933)
  • Nam June PAIK (Corée, Séoul 1932 - États-Unis, Miami 2006)
  • Benjamin PATTERSON (États-Unis, Pittsburgh 1934 - Allemagne, Wiesbaden 2016)
  • Daniel SPOERRI (Roumanie, Galati 1930 - Autriche, Vienne 2024)
  • Wolf VOSTELL (Allemagne, Leverkusen 1932 - Berlin 1998)
  • Robert WATTS (États-Unis, Burlington 1923 - Bangor 1988)
  • etc...
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    George MACIUNAS

    [George MACIUNAS].

    Mr. FLUXUS.


    Londres, Thames & Hudson, 1997.
    George MACIUNAS

    [FLUXUS].

    L'esprit Fluxus.


    Marseille, Direction des Musées, 1995.
       
     

      Un peu d'histoire...

    Le mouvement FLUXUS prend officiellement corps au début des années 1960 sous l'impulsion de l'artiste américain d'origine lituanienne George MACUNIAS. C'est en 1961 qu'il utilise pour la première fois le mot « Fluxus » (qui signifie flux, écoulement en latin) pour le titre d'une revue d'avant-garde qu'il projette de publier. Le véritable coup d'envoi public et collectif a lieu en septembre 1962 lors du Festum Fluxorum Fluxus à Wiesbaden, en Allemagne. Ce festival de musique très peu conventionnel marque la naissance d'un réseau international d'artistes, de poètes et de musiciens bien décidés à bousculer les codes rigides, bourgeois et élitistes de l'art institutionnel de l'après-guerre.

    Au cœur de la philosophie FLUXUS se trouve une volonté radicale de supprimer définitivement la frontière entre l'art et la vie quotidienne, résumée par le concept d'« art-vie ». Fortement influencés par les cours de composition musicale expérimentale que donne John CAGE à New York à la fin des années 1950, les artistes de FLUXUS rejettent l'idée de l'œuvre d'art sacrée, unique, intemporelle et marchande. En 1963, MACUNIAS rédige et publie le célèbre Manifeste Fluxus, un document collé et raturé qui prône un « anti-art » accessible à tous, non académique, et profondément teinté d'un humour ravageur, d'ironie et de simplicité. Pour eux, l'art ne doit plus être une marchandise statique exposée dans des musées sacralisés, mais un événement éphémère, une attitude face au monde, partagée collectivement sans distinction entre créateur et spectateur.

    Pour s'exprimer, les membres du mouvement développent des formes artistiques totalement inédites et immatérielles pour l'époque. Ils privilégient les Happenings et surtout les Events (ou partitions d'action), des performances minimalistes, souvent absurdes, où des gestes banals du quotidien (boire un verre d'eau, brosser ses dents, saluer le public ou détruire méthodiquement un piano) sont élevés au rang d'œuvres d'art. Parallèlement, pour contourner le marché de l'art traditionnel, MACUNIAS centralise la production et la diffusion des Fluxboxes ou Fluxkits dès 1964. Ce sont de petites boîtes en plastique ou en bois contenant des objets trouvés, des puzzles impossibles, des photographies ou des cartes textuelles, produites en série et vendues à très bas prix par correspondance, matérialisant l'idée que l'art peut être possédé par n'importe qui.

    FLUXUS ne s'est jamais pensé comme une école avec un style esthétique unique, mais plutôt comme une constellation internationale d'esprits libres et indisciplinés. Parmi les figures clés qui gravitent autour des initiatives de MAC, on trouve des artistes majeurs aux trajectoires variées comme Yoko ONO, Nam June PAIK (qui pose à cette occasion les bases de l'art vidéo), George BRECHT, BEN Vautier en France (rendu célèbre par ses écritures et ses "gestes"), ou encore l'Allemand Joseph BEUYS, bien que ce dernier ait développé une vision plus mystique de la "sculpture sociale". Bien que le mouvement ait perdu sa force centrale et sa cohésion après la mort prématurée de George MACIUNAS en 1978, l'esprit FLUXUS a profondément et durablement transformé l'histoire de l'art moderne. Il a ouvert la voie de manière décisive à l'art conceptuel, à l'esthétique relationnelle, à la performance contemporaine et même au street art en redéfinissant totalement ce qui peut être légitimement considéré comme de l'art.

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    Quelques expositions et festivals clés qui ont jalonné et documenté l'histoire de FLUXUS, des origines à nos jours :

    - « Festivals internationaux de musique novatrice » (Septembre 1962, Musée de Wiesbaden, Allemagne)
    C'est l'acte de naissance officiel du mouvement. Organisé par George Maciunas, ce festival (intitulé Fluxus Internationale Festspiele Neuester Musik) s'est déroulé sur plusieurs week-ends. Des artistes comme Nam June PAIK, Wolf VOSTELL, Dick HIGGINS ou Emmett WILLIAMS y exécutent des partitions d'action de John Cage ou de George Brecht. C'est là que sont détruits les premiers pianos sur scène, posant les bases de la performance Fluxus : un art provocateur, éphémère et musical.

    - « Festum Fluxorum Fluxus » (Février 1963, Académie des arts de Düsseldorf, Allemagne)
    Organisé par George Maciunas et Joseph BEUYS (qui était alors professeur à l'Académie), cet événement marque l'ancrage européen du mouvement. Durant deux soirées de concerts intensifs, les artistes bousculent le public bourgeois avec des compositions minimales et absurdes. C'est lors de ce festival que Joseph Beuys s'associe publiquement à l'esprit Fluxus, introduisant ses propres actions provocatrices qui marqueront durablement l'avant-garde allemande.

    - « Fluxus Symphony Orchestra » (Juin 1964, Carnegie Recital Hall, New York)
    Cet événement marque le grand retour et l'organisation du mouvement sur le sol américain. Dirigé par George Maciunas, ce concert applique les méthodes industrielles et collectives à la musique d'avant-garde. Des dizaines d'artistes, dont Yoko ONO, Ben PATTERSON ou Shigeko KUBOTA, y interprètent des morceaux conceptuels où les instruments traditionnels sont détournés (on passe l'aspirateur, on coupe des objets, on produit des sons du quotidien), affirmant que « tout est musique ».

    - « Flux-Fest » (1964-1965, Fluxhall, New York)
    Plus qu'une exposition unique, il s'agit d'une série continue d'événements, de performances et de présentations de « Fluxboxes » (boîtes de jeux et d'objets assemblées par Maciunas) organisée dans le loft de Maciunas à Soho. Ce lieu devient le centre névralgique de la production du mouvement. C'est là que s'invente la diffusion de masse de l'art Fluxus à bas coût, refusant le marché de l'art traditionnel au profit de l'édition d'objets à vocation ludique.

    - « In the Spirit of Fluxus » (1993-1995, Walker Art Center, Minneapolis)
    Cette grande exposition rétrospective itinérante (passée par New York, Chicago et San Francisco) constitue la première grande reconnaissance muséale d'envergure internationale après la mort de George Maciunas. Elle a permis de rassembler des centaines d'objets, de films, de documents éphémères et de reconstituer l'histoire globale du mouvement, prouvant que l'attitude anti-art de Fluxus avait définitivement modifié les pratiques contemporaines (performance, art vidéo, installation).

    - « Fluxus et compagnie » (2012, Musée d'Art moderne et d'Art contemporain - MAMAC, Nice, France)
    Nice et la Côte d'Azur ont été l'un des foyers européens majeurs de Fluxus grâce à des artistes comme BEN (Benjamin Vautier), Robert FILLIOU ou George BRECHT. Cette exposition a célébré les 50 ans du mouvement en mettant en lumière cette spécificité franco-européenne, où l'humour, la poésie, la création de « boutiques » d'art et la participation active du public incarnaient parfaitement le célèbre mot d'ordre de Filliou : « L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art. »

     

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