artiste : Niele TORONI (Suisse, Muralto 1937) |
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[Niele TORONI]
Autour d'un travail / peinture
Paris, Musée d'art Moderne, 2001. |

[Niele TORONI]
L'album
Paris, Centre Pompidou, 1991. |

[Niele TORONI]
FEU N°3. TORONI
Paris, Daviot Éditeur, 1990. |

[COLLECTIF]
Artstudio N°5
Paris, Artstudio, 1987. |
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[COLLECTIF]
Artistes N°1
Paris, Belimi, 1979. |

[COLLECTIF]
À BEN, pour son "Fourre-tout"
BMTP, Lettre-tract, 1967. |
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Né à Muralto en Suisse en 1937, Niele TORONI s'installe à Paris dès 1959 avec l'ambition ferme de se consacrer à la peinture. C'est au milieu des années 1960 qu'il élabore son protocole unique et immuable qui va définir toute sa carrière : l'utilisation exclusive d'un pinceau plat de 50 millimètres (le pinceau n°50) appliqué sur une surface à des intervalles rigoureusement réguliers de 30 centimètres. Refusant l'illusionnisme ou le récit traditionnel, l'artiste réduit la création plastique à sa plus simple expression physique et matérielle, faisant de chaque trace de couleur pure un acte pictural autonome et direct.
L'année 1967 marque un tournant décisif dans son parcours avec sa participation active à la fondation du groupe BMPT, aux côtés de Daniel BUREN, Olivier MOSSET et Michel PARMENTIER. Lors d'interventions iconiques et provocatrices au Salon de la jeune peinture, le collectif expose pour la première fois ces « empreintes de pinceaux répétées à intervalles réguliers », questionnant radicalement le statut de l'œuvre d'art, l'auteur et la surface de la toile. En 1970, le célèbre galeriste Yvon Lambert organise la toute première exposition personnelle de TORONI en galerie, inaugurant une longue série de collaborations institutionnelles majeures à travers le monde.
Au fil des décennies, le travail de Niele TORONI s'affranchit des limites de la toile traditionnelle pour s'emparer de l'espace architectural. Qu'il intervienne directement sur les murs de musées prestigieux, sur du papier journal, sur du bois, sur des plaques émaillées ou des vitrages, l'artiste réinvente chaque lieu qu'il habite. Ses expositions rétrospectives phares, comme celle présentée au Musée d'Art Moderne de Paris en 2015 ou ses séjours monographiques au Swiss Institute de New York la même année, témoignent de la portée universelle et intemporelle de son protocole conceptuel.
Plus récemment, son œuvre continue de s'inscrire au cœur des grandes collections contemporaines internationales, à l'instar de ses intégrations remarquées au sein de la collection Pinault lors de l'exposition « Accrochage » à la Punta della Dogana en 2016, ou encore de ses projets d'envergure menés en 2023 à la Fondation CAB. S'affirmant par la répétition manuelle comme un simple « peintre » plutôt que comme un artiste démiurge, TORONI réussit le paradoxe de rendre chaque empreinte unique tout en maintenant un formalisme rigoureux qui fascine le public et influence durablement l'art minimal mondial.