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BOREMANS Guillaume (Belgique, d'Anvers 1883-1954)
CARLO (Carlo Zinelli) (Italie, 1916 - 1974)
CHAISSAC Gaston (France, Avallon 1910 - La Roche/Yon 1964)
FACTEUR CHEVAL (Ferdinand Cheval) (France, 1836-1924)
ALOÏSE (Aloïse Corbaz) (Suisse, 1886-1964)
CREPIN Fleury Joseph (France, Hénin-Liétard 1875 - 1948)
DARGER Henry (États-Unis, Chicago 1892-1973)
DUBUFFET Jean (France, Le Havre 1901 - Paris 1985)
FORESTIER Auguste (France, Lozère 1887 - Saint-Alban 1958)
GILL Madge (Royaume-Uni, Walthamstow 1882 - Londres 1961)
LIGABUE Antonio (Suisse, Zurich 1899 - Italie, Gualtieri 1965)
LONGECHAL Jean-Joseph (France, Allier 1909 - 1980)
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MAISONEUVE Pascal-Désir (France, Bordeaux 1863-1934)
PODESTÀ Giovanni Battista (Italie, Laveno Mombello 1895-1976)
RAMIREZ Martín (Mexique, Jalisco 1895 - États-Unis, Auburn 1963)
ROBLES Laure (Espagne, El Chorro 1892 - France, Mende 1967)
SANFOURCHE Jean-Joseph (France, Bordeaux 1929 - 2010)
SCOTTIE WILSON (Louis Freeman) (Royaume-Uni, 1888 - 1972)
SOUTTER Louis (Suisse, Morges 1871 - Ballaigues 1942)
TANDATU Raymond (Congo, 1944-2012)
WÖLFLI Adolf (Suisse, Bowil 1864 - Berne 1930)
YAKICHA (Yakovlevitch) (Ukraine, 1894 - France, 1955)
ZEMANKOVA Anna (République tchèque, 1908 - 1986)
etc...
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[COLLECTIONS].
Art brut : Collection abcd.
Paris, Editions Flammarion, 2014. |

[COLLECTIONS].
Art brut : Collection abcd.
Paris, Fage / La maison rouge, 2014. |

[ART BRUT].
Art Brut Classique et Contemporain.
Paris, Cornette de Saint Cyr, 2013. |

[COLLECTIONS].
ABCD, Une collection d'Art Brut.
Paris Musées, 2004. |
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[COLLECTIF].
L'Oeuf sauvage.
Paris, Editions Pleine Marge, 1991-92. |

[COLLECTIF].
Instinct.
Paris, Romi / André Pouget, 1956. |
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L'ART BRUT prend racine dans les recherches psychiatriques du début du XXe siècle, mais c'est en 1945 que l'artiste français Jean DUBUFFET invente et théorise ce concept. Lors d'un voyage en Suisse cette année-là, marqué par des visites d'hôpitaux psychiatriques et de prisons en compagnie de l'écrivain Jean Paulhan, DUBUFFET est fasciné par des productions graphiques et plastiques totalement en dehors des circuits culturels. En 1947, il fonde à Paris le Foyer de l'Art Brut, qui devient un an plus tard la Compagnie de l'Art Brut, une structure associative (comportant des membres comme André Breton) destinée à collecter ces œuvres marginales. C'est au sein de ce foyer naissant qu'est intégré dès 1948 l'artiste vendéen Gaston CHAISSAC. Cet autodidacte, qui peignait à la peinture industrielle sur des objets de récupération (souches, cartons), incarne parfaitement la liberté de ton recherchée par Dubuffet, bien que sa quête de reconnaissance culturelle poussera plus tard le théoricien à déplacer son œuvre dans une catégorie annexe, illustrant la complexité des frontières de cet art.
Au cœur de lL'ART BRUT se trouve le rejet absolu des conventions artistiques, des modes et des institutions académiques. DUBUFFET le définit comme des productions exécutées par des personnes indemnes de culture artistique, qui tirent tout de leur propre fonds. Les créateurs — qu'ils soient internés, marginaux, solitaires ou médiums — créent par nécessité intérieure absolue, sans aucun souci du regard du public ou du marché. Pour documenter et diffuser cette esthétique clandestine sans dépendre des canaux officiels, la Compagnie de l'Art Brut lance en 1964 sa propre revue : les Fascicules de l'Art Brut. Dirigée par DUBUFFET, cette publication scientifique et militante devient l'arme théorique du mouvement, éditant des monographies détaillées sur les créateurs découverts afin de prouver qu'une impulsion créatrice pure existe en dehors des musées.
Sur le plan des techniques et des matériaux, l'L'ART BRUT se caractérise par une liberté totale et une ingéniosité dictée par l'isolement ou le manque de moyens. Refusant la toile et les outils classiques, ces artistes utilisent des supports de fortune comme des débris, des emballages ou des murs, et fabriquent parfois leurs propres pigments à base de suie ou de jus de plantes. Leurs œuvres se manifestent souvent par une accumulation obsessionnelle de détails, des perspectives distordues ou des alphabets inventés. Ces productions témoignent d'une réinvention totale des codes visuels, propre à l'univers mental unique de chaque créateur, loin de tout mimétisme académique.
La reconnaissance de l'L'ART BRUT s'est définitivement consolidée à travers des collections majeures et une influence profonde sur la création contemporaine. Le moment clé de cette reconnaissance publique survient en 1971 lorsque Jean DUBUFFET fait don de sa collection personnelle à la ville de Lausanne en Suisse, menant à l'ouverture officielle de la Collection de l'Art Brut en 1976. C'est également à Lausanne, à partir de 1977, que la publication des Fascicules de l'Art Brut se poursuit sous la direction de Michel Thévoz. Des figures emblématiques comme Aloïse CORBAZ, Adolf WÖLFLI, Henry DARGER ou le FACTEUR CHEVAL avec son Palais idéal (achevé en 1912) sont aujourd'hui célébrées internationalement. Cet héritage a profondément transformé notre regard sur la création, ouvrant la voie à d'autres concepts dérivés comme l'Outsider Art ou l'Art Singulier.
Pour comprendre comment l'ART BRUT s'est imposé dans le paysage culturel, plusieurs expositions majeures ont servi de jalons historiques. En voici les principales étapes :
« L'Art Brut préféré aux arts culturels » (1949 – Galerie René Drouin, Paris)
C'est l'exposition fondatrice du mouvement. Jean DUBUFFET y présente pour la première fois au grand public le fruit de ses collectes clandestines : 200 œuvres de 63 créateurs (parmi lesquels Aloïse CORBAZ et Adolf WÖLFLI). Le titre provocateur de l'exposition, accompagné d'un traité rédigé par DUBUFET, claque comme un manifeste de guerre contre l'académisme bourgeois.
L'exposition de la Collection de l'Art Brut (1967 – Musée des Arts Décoratifs, Paris)
Dix-huit ans plus tard, DUBUFET frappe un grand coup en installant l'ART BRUT au cœur d'une institution prestigieuse. Cette immense rétrospective rassemble plus de 700 œuvres issues de sa collection personnelle. L'exposition suscite un immense choc visuel et critique, forçant définitivement le monde de l'art à regarder ces productions marginales comme des chefs-d'œuvre à part entière.
L'inauguration de la Collection de l'Art Brut (1976 – Château de Beaulieu, Lausanne)
Bien qu'il s'agisse d'une ouverture permanente, cet événement marque l'exposition définitive du noyau historique de l'ART BRUT. Suite au don de DUBUFFET à la Suisse, le public découvre de manière pérenne et muséographique les grands ensembles d'Henry DARGER, de Scottie WILSON ou le FACTEUR CHEVAL, sanctuarisant définitivement le mouvement.
« L'Art Brut : de l'ombre à la lumière » (1982 – Aulnay-sous-Bois)
Cette exposition marque un important tournant médiatique en France après la disparition progressive de la première garde. Elle ouvre la voie à la reconnaissance d'autres collections privées et à l'émergence de nouveaux concepts comme l'Art Singulier, prouvant que la création "brute" continuait de vibrer en dehors du giron historique de DUBUFET.
La consécration de la Donation Bruno Decharme (2025/2026 – Grand Palais / Centre Pompidou, Paris)
Symbole de l'entrée définitive de l'Art Brut dans les plus grands musées nationaux au XXIe siècle, cet événement met en lumière des centaines d'œuvres issues de l'une des plus grandes collections privées mondiales (la collection abcd). Elle montre à quel point l'ART BRUT est désormais considéré comme une composante majeure et incontournable de l'histoire globale de l'art.