artiste / artist : Jannis KOUNELLIS (Grèce, Pirée 1936 - Italie, Rome 2017) - Arte
povera |
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[Jannis KOUNELLIS].
KOUNELLIS au Château
de Plieux.
Toulouse, Espace d'Art, 1995. |

[ARTE POVERA].
L'Arte Povera.
Paris, Centre Pompidou, 1992. |

[Jannis KOUNELLIS].
KOUNELLIS.
Zürich, Galerie Lelong, 1991. |

[COLLECTIF].
Collection.
Bordeaux, capc, 1990. |
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[Jannis KOUNELLIS].
Repères N°60.
Paris, Galerie Lelong, 1989. |

[COLLECTIF].
Artstudio N°13.
Paris, Artstudio, 1989. |

[KOUNELLIS MORRIS RAUSCHENBERG].
KOUNELLIS, MORRIS, RAUSCHENBERG.
New York, Sonnabend gallery, 1989. |

[Jannis KOUNELLIS].
KOUNELLIS.
Paris, MAM, 1980. |
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Jannis KOUNELLIS naît en 1936 à Le Pirée, en Grèce, où il passe son enfance et traverse les années tumultueuses de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre civile grecque. En 1956, désireux d'échapper au climat politique étouffant de son pays natal et de parfaire sa formation artistique, il s'installe définitivement à Rome pour étudier à l'Académie des beaux-arts. C'est dans la capitale italienne qu'il réalise sa première exposition personnelle en 1960 à la Galleria la Tartaruga, intitulée "L'alfabeto di Kounellis". Il y présente des toiles blanches sur lesquelles sont peints à l'encre noire des lettres, des chiffres et des signes typographiques, initiant ainsi une réflexion profonde sur le langage, l'espace et la déconstruction de la peinture traditionnelle.
À la fin des années 1960, KOUNELLIS s'impose comme l'un des protagonistes majeurs de l'Arte Povera, un mouvement théorisé par le critique Germano Celant qui prône l'utilisation de matériaux dits "pauvres", bruts et non artistiques. L'année 1967 marque un tournant décisif lorsqu'il intègre pour la première fois des éléments vivants et organiques dans son travail, notamment des oiseaux dans une exposition à la Galleria l'Attico de Rome. C'est dans ce même espace, en 1969, qu'il réalise sa performance la plus célèbre et radicale en y installant douze chevaux vivants attachés aux murs, brisant définitivement les frontières entre l'art, la nature et le spectateur, et transformant la galerie en un lieu d'expérience sensorielle totale.
Au cours des décennies suivantes, son œuvre acquiert une renommée internationale et se déploie à travers des installations monumentales qui explorent le poids de l'histoire, de la mémoire et de la condition humaine. KOUNELLIS substitue définitivement la toile par des plaques de fer et associe des matériaux porteurs d'une forte charge poétique et historique comme le charbon, les sacs de jute, le café, la fumée ou des vêtements usagés. Sa présence aux grandes manifestations internationales se multiplie, notamment lors de ses participations successives à la Documenta de Cassel (en 1972, 1977 et 1982) et à la Biennale de Venise, où il expose à de nombreuses reprises à partir de 1974. En 1986, le Museum of Contemporary Art de Chicago lui consacre sa première grande rétrospective itinérante en Amérique du Nord.
Au XXIe siècle, l'artiste continue de concevoir des interventions in situ spectaculaires à travers le monde, investissant des lieux chargés d'histoire ou des friches industrielles. En 2002, il frappe les esprits avec une immense installation sous la verrière de la Nationalgalerie de Berlin, puis en 2010 lors d'une exposition magistrale au Tramway de Glasgow. En France, son travail est célébré de son vivant par une invitation majeure à la Monnaie de Paris en 2016, où il orchestre un parcours dramatique et universel. Jannis KOUNELLIS s'éteint à Rome en 2017, laissant derrière lui une œuvre théâtrale et humaniste, ayant profondément redéfini la sculpture contemporaine par la poésie des matériaux bruts.