| Galerie Daniel Cordier - Paris (1956-1964) |
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[COLLECTIF]
8 ans d'agitation
Paris, Galerie Daniel Cordier, 1964. |

[Horst Egon KALINOWSKI]
Horst Egon KALINOWSKI
Paris, Galerie Daniel Cordier, 1963. |

[URSULA]
Peintures et dessins
Paris, Galerie Daniel Cordier, 1963. |

[Öyvind FAHLSTRÖM]
Öyvind FAHLSTRÖM
Paris, Galerie Daniel Cordier, 1962. |
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[Henri MICHAUX]
Oeuvres récentes 1959-1962
Paris, Galerie Daniel Cordier, 1962. |

[Bernard SCHULTZE]
Reliefs et dessins
Paris, Galerie Daniel Cordier, 1962. |

[Aristide CAILLAUD]
Peintures et dessins
Paris, Galerie Daniel Cordier, 1962. |

[DADO]
Peintures et dessins
Paris, Galerie Daniel Cordier, 1961. |
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[Manolo MILLARES]
Manolo MILLARES
Paris, Galerie Daniel Cordier, 1961. |

[Louise NEVELSON]
Louise NEVELSON Sculpteur
Paris, Galerie Daniel Cordier, 1960. |

[Claude VISEUX]
Claude VISEUX
Paris, Galerie Daniel Cordier, 1960. |
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La Galerie Daniel Cordier a été fondée en novembre 1956 par Daniel Cordier, figure de la Résistance reconvertie dans le commerce et la collection d'art. Initialement installée rue de Duras, dans le 8e arrondissement de Paris, l'enseigne s'est rapidement imposée comme un espace d'avant-garde. En mai 1959, face au développement de ses activités, le galeriste a transféré ses espaces dans des locaux plus vastes au numéro 8 de la rue de Miromesnil. Durant huit années d'exploitation intense, ce lieu a constitué un épicentre pour la promotion d'un art de rupture, s'affranchissant des conventions académiques de l'après-guerre.
Dès son ouverture, la programmation de la galerie s'est structurée autour du soutien indéfectible à des créateurs singuliers, au premier rang desquels figurait Jean DUBUFFET. Devenu le marchand officiel du théoricien de "l'art brut", Daniel Cordier a inauguré ses nouveaux espaces de la rue de Miromesnil en mai 1959 avec l'exposition thématique Jean Dubuffet, Célébration du sol. Parallèlement, la fréquentation assidue de l'écrivain et peintre Henri MICHAUX a contribué à orienter les choix esthétiques de la galerie vers des univers artistiques marginaux ou inclassables, éloignés de l'abstraction géométrique alors dominante sur la scène parisienne.
L'histoire de la galerie est jalonnée de manifestations collectives et individuelles qui ont marqué l'évolution des mouvements plastiques de l'époque. Entre décembre 1959 et janvier 1960, l'établissement a accueilli l'Exposition internationale du surréalisme (EROS), organisée sous la direction d'André Breton et de Marcel Duchamp. Cet événement majeur, qui intégrait des scénographies audacieuses et provocatrices, a constitué la dernière grande manifestation collective historique du mouvement surréaliste à Paris. La galerie s'est également ouverte aux tendances d'outre-Atlantique en exposant des artistes américains alors émergents, comme l'illustre la présentation des Combine Paintings de Robert RAUSCHENBERG.
La trajectoire de la galerie parisienne s'est achevée en juin 1964 avec l'organisation d'une ultime exposition rétrospective intitulée Huit ans d'agitation. Réunissant les signatures phares de l'enseigne telles que Roberto MATTA, Hans BELLMER, DADO ou Bernard RÉQUICHOT, cette manifestation a formalisé la fermeture définitive de l'espace. À travers une lettre de congé adressée au monde de l'art, Daniel Cordier a motivé sa décision par le manque de curiosité des acheteurs locaux et le conformisme institutionnel de l'époque. Ce retrait du marché a ouvert la voie à une politique de donations successives de sa collection personnelle à l'État français à partir de 1973, enrichissant le Musée national d'art moderne de plus de cinq cents œuvres majeures.