artiste : Irving PETLIN (États-Unis, Chicago 1934 - Martha's Vineyard 2018) - Site officiel
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[Irving PETLIN]
Où en es-tu Monde ?
Paris, Galerie Jacques Leegenhoek, 2015. |

[Irving PETLIN]
Le Monde de Paul Celan
Genève, Galerie Jan Krugier, 2002. |

[Irving PETLIN]
1999, mémoire du voyage...
Paris, Galerie Thessa Herold, 1999. |

[Irving PETLIN]
Le Monde de Bruno Schulz
Genève, Galerie Jan Krugier, 1992. |
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[COLLECTIF]
Quadrum N°19
Bruxelles, A.D.A.C., 1965. |

[Irving PETLIN]
Irving PETLIN
Paris, Cimaise, 1962. |

[Irving PETLIN]
PETLIN
Paris, Galerie du Dragon, (1960). |
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Né à Chicago en 1934 et mort en 2018, Irving PETLIN s'est formé à la School of the Art Institute of Chicago puis à l'université Yale sous la direction de Josef ALBERS (MFA en 1959). D'abord associé au climat de l'expressionnisme abstrait, il s'en détache pour imposer une figuration puissante et hantée, marquée par la mémoire historique et la condition humaine, prolongeant l'esprit de la « Monster Roster » de Chicago (1).
Son parcours s'internationalise dès la fin des années 1950, jalonné par des expositions marquantes : une exposition personnelle à la Galerie du Dragon à Paris en 1960, suivie en 1964 d'expositions à la Hanover Gallery (Londres) et de nouveau à la Galerie du Dragon, où il contribue à nourrir le courant de la nouvelle figuration, puis sa grande rétrospective au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 1965. Parallèlement, il s'engage profondément sur le plan politique, cofondant la Peace Tower à Los Angeles (2) en 1966 et participant aux actions de l'Art Workers Coalition (3) (affiche « And Babies » en 1969).
Entre les décennies 1970 et 1980, son œuvre déploie de grandes séries allégoriques et mémorielles, comme le cycle Rubbings from the Calcium Garden présenté au Neuberger Museum (New York) et à The Arts Club of Chicago en 1978, ou sa participation remarquée à la Biennale de Venise en 1982. Il explore la tragédie historique, la violence politique et le traumatisme des confins de l'Europe à travers des expositions personnelles institutionnelles et en galerie, telles que Israel in Egypt chez Kent Fine Art (New York, 1990).
Durant sa période de maturité (1990–2018), PETLIN intensifie son dialogue avec la littérature, la poésie et la trace spectrale des disparus (hommages à Edmond Jabès à Genève en 1997, rétrospectives et expositions de pastels comme chez Ditesheim & Maffei Fine Art dans les années 2020). Maître du pastel sur papier fait main et de la peinture en diptyque, il laisse une œuvre poignante où la figure émerge de la lumière ou des ciels de cendre, entre recueillement et résistance morale.
(1) La « Monster Roster » désigne un groupe influent d'artistes figuratifs et existentialistes actifs à Chicago dans les années 1950 et 1960 (nommé en 1959 par le critique et artiste Franz Schulze).
(2) La Peace Tower (officiellement intitulée Artists' Tower of Protest) est l'une des réalisations d'art activiste les plus célèbres de l'histoire du XXe siècle, érigée à Los Angeles au printemps 1966 (mars-juin 1966).
(3) L'Art Workers Coalition (AWC) est un collectif d'artistes, de cinéastes et de critiques fondé à New York en janvier 1969.
Les points clés de l'AWC et de l'affiche « And Babies » :
* La création de l'AWC : Née d'une confrontation directe avec le MoMA (Museum of Modern Art) pour réclamer une plus grande représentation des artistes, la fin de la censure, et une réflexion sur les liens entre le musée et le complexe militaro-industriel, l'AWC devient le fer de lance de l'activisme artistique anti-guerre au Vietnam.
* L'affiche « And Babies » (1969) :
- L'image : Elle reprend une photographie couleur insoutenable prise par le photographe de l'armée Ronald Haeberle lors du massacre de My Lai au Vietnam (mars 1968), montrant des corps de civils vietnamiens (femmes et enfants) gisant dans un fossé.
- Le texte : En haut : « Q. And babies? » / En bas : « A. And babies. » (référence directe à l'audition du soldat Paul Meadlo devant une commission d'enquête sur My Lai).
* Le rôle de Petlin et le scandale :
- L'AWC commande cette affiche avec un financement obtenu du MoMA (qui avait initialement promis son soutien logistique pour une campagne d'affichage publique contre la guerre).
- Face à la violence morale de l'image, le conseil d'administration du MoMA se rétracte et annule la distribution officielle par le musée.
- En réponse, l'AWC, avec des artistes comme Irving Petlin, fait imprimer et diffuser massivement l'affiche par ses propres moyens, provoquant une onde de choc dans le milieu culturel américain et contraignant l'institution à faire face à ses contradictions politiques.
Cet épisode symbolise le passage d'un art contestataire « formel » à une intervention directe dans l'espace public et médiatique, où l'image documentaire devient une arme de vérité contre le déni institutionnel.