artiste / artist : A.R. PENCK (Ralf Winkler : Allemage, Dresde 1939 - Suisse, Zurich 2017)
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[A.R. PENK].
Neue Bilder.
Köln, Michael Werner, 2012. |

[A.R. PENK].
Peinture système monde.
Paris, Musé d'Art Moderne, 2008. |

[A.R. PENK].
Ereignisse im Unbekannten.
Paris, Galerie Jérome de Noirmont, 2003. |

[A.R. PENK].
Training mit Standart 1991.
Zürich, Galerie Lelong, 1991. |
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[A.R. PENK] - Bernard Marcadé.
A.R. PENK.
Paris, La Différence, 1988. |

[A.R. PENK].
Modelle und Arbiten auf Papier.
Zürich, Galerie Lelong, 1988. |

[A.R. PENK].
Skulpturen und Zeichnungen.
Hannover, Kestner-Gesellschaft, 1988. |

[A.R. PENCK].
Repères N°42.
Paris, Lelong, 1987. |
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Né Ralf Winkler le 5 octobre 1939 à Dresde, l’artiste connu sous le pseudonyme d'A.R. PENCK est une figure emblématique de l’art allemand de l’après-guerre. Ayant grandi en Allemagne de l'Est, il se voit refuser l'entrée aux académies d'art officielles pour des raisons politiques, ce qui le contraint à se former en autodidacte tout en travaillant comme veilleur de nuit ou ouvrier. Dès les années 1960, il adopte son nom de scène en hommage au géologue Albrecht Penck et développe le concept de « Standart », un système visuel de signes simplifiés et de silhouettes archaïques visant à créer un langage universel, dont les bases sont jetées lors de sa première exposition à la galerie Michael Werner de Cologne en 1968, alors que ses œuvres sont passées clandestinement à l'Ouest.
Son style, caractérisé par une esthétique néo-expressionniste brute mêlant symboles préhistoriques et schémas cybernétiques, s'impose rapidement comme une critique des systèmes de contrôle social. Bien que surveillé par la Stasi et interdit d'exposition dans son propre pays, sa renommée grandit à l'étranger : il participe à la Documenta 5 de Cassel en 1972, ce qui consolide son statut de chef de file de l'avant-garde. En 1980, après des années de pressions politiques intenses, il est déchu de sa nationalité est-allemande et s'exile à l'Ouest, marquant le début d'une période de liberté créative totale où ses toiles gagnent en format et en intensité chromatique.
L'année 1984 marque un sommet dans sa carrière internationale avec sa participation à la Biennale de Venise, où il représente la République fédérale d'Allemagne. Parallèlement à sa peinture, PENCK explore la sculpture monumentale en bronze et se passionne pour le jazz, jouant de la batterie au sein du groupe TTT, une discipline qu'il considère comme indissociable de son rythme pictural. Son influence académique devient également prépondérante lorsqu'il est nommé professeur à l'Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf en 1988, poste qu'il occupera jusqu'en 2003, formant toute une génération d'artistes à sa vision structurale de l'art.
Jusqu'à son décès le 2 mai 2017 à Zurich, A.R. PENCK est resté fidèle à une œuvre de résistance, cherchant sans cesse à déchiffrer les rapports de force entre l'individu et la société. De grandes rétrospectives lui ont rendu hommage, notamment à la Schirn Kunsthalle de Francfort en 2007 et au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en 2008, mettant en lumière la cohérence de son alphabet symbolique. Aujourd'hui, ses silhouettes totémiques et ses diagrammes d'apparence primitive demeurent des témoignages puissants de la fracture Est-Ouest et de la quête permanente d'une compréhension visuelle du monde.